Le texte qui a changé ma vie: Les trapèzes suspendus

Il y a certains textes qui raisonnent ci fort en nous, qu’ils nous poussent vers l’inconnu et finissent par voyager avec nous pendant des années.

C’est le cas de “Trapèzes suspendus” de Danaan Parry.

Je l’ai traduit depuis l’anglais pour vous, afin d’animer la part de courage de ceux qui souhaitent se lancer.

Bonne lecture.

Anouk


Parfois, j’ai le sentiment que ma vie est une série de trapèzes suspendus.

Je suis soit en train de me balancer à la barre d’un trapèze, ou pendant quelques instants dans ma vie, je me jette dans l’espace entre les barres.

La plupart du temps, je passe ma vie bien accrocher à la barre du trapèze du moment.

Elle me porte à une certaine allure et cela me donne l’impression que je suis en contrôle de ma vie.

Je connais la plupart des bonnes questions, et même certaines réponses.

Mais de temps en temps, alors que je me balance, je regarde au loin et qu’est ce que je vois ? JE vois une autre barre de trapèze qui vient vers moi. Elle est libre et je sais, dans cet espace intérieur qui sait, que cette nouvelle barre est pour moi.

C’est mon prochain pas, ma croissance, mon sentiment d’expansion qui vient me chercher. Dans le cœur de mon cœur, je sais que, pour évoluer, je vais devoir complètement lâcher l’attache de cette présente et bien connu barre pour m’envoler vers la prochaine.

À chaque fois que cela m’arrive, j’espère, non, je prie, que je n’aurai pas à lâcher complètement l’ancienne bar avant d’attraper la prochaine… Mais dans cet espace à l’intérieur de moi, je sais que je dois totalement lâcher mon emprise sur cette ancienne barre et pendant un moment, je dois me jeter dans l’espace avant d’attraper la prochaine.

À chaque fois, je suis remplie de terreur. Ça n’a pas d’importance si précédemment, j’ai réussi toutes mes traversées du vide de l’inconnu. À chaque fois, j’ai peur de la manquer et de finir écrasé sur des rochers invisibles dans le gouffre sans fond entre les barres.
Mais je le fais quand même. Mais dans cet espace à l’intérieur de moi, je sais que je dois totalement lâcher mon emprise sur cette ancienne barre et pendant un moment, je dois me jeter dans l’espace avant d’attraper la prochaine. Il n’y a pas de garantie, pas de filet, pas de contrat d’assurance, mais on le fait quand meme, parce que d’une certaine façon, de rester suspendu à cette ancienne barre n’est plus sur la liste des options. Alors pour une éternité, qui peut durer une micro second ou un millier d’années, je m’envole au-dessus du vide noir.

Le passé est derrière le future n’est pas encore là”.

Ça s’appelle une transition. Et je commence à croire que ces transitions sont les seuls espaces ou le vrai changement existe. JE parle du vrai changement, pas le pseudo-changement qui dure seulement jusqu’à ce que mes vieux mécanismes ne resurgissent.

Je remarque que, dans notre culture, ces zones de transition sont perçu comme un rien, un no mans land entre 2 endroits. C’est sûr que l’ancienne barre de trapèze était vraie et la nouvelle vient vers moi. J’espère qu’elle aussi, est vrai.


Mais le vide, entre les 2… Est ce que cela serait juste une zone de peur, de confusion, de désorientation qui devrait être passé le plus vite et le plus inconsciemment possible ??

NON ! Cela serait un vrai gâchis d’opportunité. J’ai le sentiment que ces zones de transition sont les seules vraies choses qui existent et les barres sont l’illusion que nous rêvons fin d’éviter le vide dans lequel le vrai changement, la vraie évolution prends place pour nous.

Que mon intuition soit vraie ou non, je pense qu’il est juste de dire que les zones de transition sont des lieux incroyablement riches. Elles devraient être honorées, et même savourées. Oui, avec toute la douleur et la peur et les sentiments de perte de contrôle qui peuvent (mais pas nécessairement) accompagner les transitions, elles restent les moments les plus vivants, les plus riches en croissance, les plus passionnants et les plus expansifs de notre vie.

Ainsi, la transformation de la peur n’a peut-être rien à voir avec l’élimination de la peur, mais plutôt avec l’autorisation de prendre le temps dans la transition entre les trapèzes.

Transformer notre besoin de saisir cette nouvelle barre, n’importe quelle barre, nous permet de rester dans le seul endroit où le changement se produit réellement. Cela peut être terrifiant.
Cela peut aussi être éclairant dans le vrai sens du mot.

Car en traversant le vide, nous pouvons apprendre à voler.

Danaan Parry


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